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Le Kosovo se dote enfin d’un gouvernement

Un accord a été trouvé entre les deux principaux partis pour former un gouvernement de coalition. Alors que les négociations étaient dans l’impasse depuis des mois, les deux leaders doivent signer un accord ce dimanche 2 février. Le texte sera ensuite ratifié lundi 3 par le Parlement.

Après plus de 100 jours de tractations, le Kosovo est enfin parvenu à former un gouvernement de coalition. Les discussions qui étaient dans l’impasse se sont débloquées ce samedi 1er février. Les deux principaux partis politiques – Vetëvendosje (Autodétermination) et la LDK (Ligue démocratique du Kosovo) – ont trouvé un accord.

Albin Kurti, président de Vetëvendosje, et Isa Mustafa, leader de la LDK, doivent se rencontrer dimanche 2 février pour signer cet accord. Un vote au Parlement aura lieu lundi 3 à 11h pour investir le nouvel exécutif.

Ce nouveau gouvernement comptera 15 ministères, ce qui veut dire qu’il sera l’un des plus réduits dans l’histoire du Kosovo. La présidence du Parlement va revenir à la LDK tandis qu’Albin Kurti va devenir Premier ministre.

Les deux partis d’opposition en tête

Les élections législatives du 6 octobre 2019 avaient vu Vetëvendosje arriver en tête avec 26 % des voix. Ce parti de centre-gauche est la nouvelle force émergente au Kosovo. La LDK, quant à elle, est arrivée en deuxième position, obtenant 24 % des suffrages. Cette formation de centre-droit est le parti historique.

Ces deux forces étaient auparavant dans l’opposition, tandis que le pays était aux mains des anciens commandants de la guérilla, regroupés au sein du PDK, le Parti démocratique du Kosovo. Lors du scrutin du 6 octobre, les électeurs kosovars ont choisi de tourner la page et de voter en majorité pour deux partis d’opposition.

Vetëvendosje a cédé la présidence du Parlement

Avec un tel résultat, un gouvernement de coalition entre Vetëvendosje et la LDK était inévitable. Les négociations ont duré plus de trois mois car les deux partis étaient incapables de s’entendre sur la répartition des postes de pouvoir. Mais tout s’est accéléré à la fin du mois de janvier. Samedi 1er février, Vetëvendosje a cédé le poste de président de l’Assemblée du Kosovo à son rival, la LDK.

Vendredi 31 janvier, dans l’après-midi, une dizaine de caméras de télévision campaient devant le siège de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK). Les journalistes attendaient avec impatience la déclaration de Lutfi Haziri, vice-président du parti.

Devant les médias kosovars, Lutfi Haziri s’est dit prêt à tendre la main à son adversaire. « Nous allons nous rencontrer ce week-end, discuter et essayer de parvenir à un accord pour avoir un gouvernement lundi », a déclaré le négociateur en chef de la LDK, excluant au passage la formation d’un gouvernement minoritaire. « Ce n’est pas une bonne solution car les partis qui sont arrivés en deuxième et troisième position n’ont pas de légitimité. Nous ne soutiendrons donc pas cette option », a-t-il ajouté.

Cette concession a suffi pour que les deux partis qui n’arrivaient pas à s’entendre parviennent à se mettre d’accord. Faute d’avoir trouvé un compromis avant le lundi 3 février, les Kosovars auraient dû retourner aux urnes.

Alexandre Cool

(Photo: Alexandre Cool)